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Risque climat : la nouvelle priorité de l’immobilier ?

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST UNE RÉALITÉ

Initialement abordé sous l’angle de l’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre), le changement climatique est désormais une réalité qu’il faut prendre en compte.

Le climat devient un élément nouveau de risque face auquel le secteur de l’immobilier doit s’adapter. L’adaptation au changement climatique vient compléter l’atténuation dans les stratégies Climat.

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST DÉJÀ EN MARCHE

A l’échelle mondiale, les relevés de données indiquent déjà une augmentation de 1°C de température depuis le début de l’ère industrielle. En France, Météo France rapporte que sur les dix-neuf dernières années, presque toutes les années sont plus chaudes que la moyenne.

Cela entraine des vagues de chaleur qui sont de plus en plus intenses et de plus en plus fréquentes. La canicule de 2003 en France est probablement l’épisode le plus emblématique de ce phénomène. Par ailleurs, une vague de chaleur importante a marqué l’année 2018 également.

De façon prospective et à l’échelle de la planète, l’augmentation des températures oscille entre 2°C et 6°C en fonction des scénarios construits avec le Groupement d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC).

Cela entrainerait à Paris des alertes canicules de plus en fréquentes, de l’ordre de 15 jours de canicules en moyenne par an. Par ailleurs, en Europe de l’ouest, une canicule correspond à une température de nuit supérieure à 18-20 °C et une température de jour supérieure à 30-35 °C.

POURQUOI LE RISQUE CLIMAT EST LE NOUVEL ENJEU DU SECTEUR DE L’IMMOBILIER ?

Le secteur de l’immobilier est fortement capitalistique et les constructions immobilières sont ancrées tangiblement. Les acteurs de l’immobilier sont donc particulièrement sensibles au risque climat pour 3 raisons :

  • leur exposition financière élevée,
  • leur exposition au risque physique (ou matériel) important,
  • et leur difficulté à engager des investissements d’adaptation – élevés – dans un contexte d’incertitude.

En parallèle, il y a une demande croissance externe d’informations sur l’exposition au risque climat des actifs immobiliers.

LA DÉCLARATION DE PERFORMANCE EXTRA-FINANCIERE

En premier lieu, la loi de 2017 sur la Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF) demande un reporting sur les risques les plus pertinents pour les entreprises.

La DPEF complète l’article 173-VI de la loi sur la Transition Énergétique de 2015.

Cette loi impose aux 70 des plus importants investisseurs institutionnels français de mesurer et de communiquer l’impact potentiel du changement climatique sur leur portefeuille d’investissements.

En février 2019, le Technical Expert Group on Sustainable Finance (TEG) a déposé les conclusions de son rapport auprès de la Commission Européenne. Ces conclusions intègrent les exigences de transparence face au risque climat. Elles demandent un plan de gestion du risque en s’appuyant sur les recommandations de la Task-Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD).

Les exigences réglementaires sont retranscrites dans les référentiels de reporting internationaux comme le CDP (Carbon Disclosure Project). Le CDP a d’ailleurs mis à jour son questionnaire en 2019 avec les éléments du TCFD.

De même, les investisseurs potentiels adaptent leurs questionnaires. Par exemple, ils créent des questions précises et spécifiques sur la gestion du risque climat pour les parcs immobiliers.

QUELLES SONT LES PREMIÈRES RÉPONSES DU SECTEUR DE L’IMMOBILIER ?

Les acteurs de l’immobilier commencent à structurer leur approche du risque climat en commençant par la gouvernance. Des groupes de travail transversaux sont élaborés et réunissent les équipes des Directions Risques et Développement Durable.

D’autres directions (Relations Investisseurs, immobilier, etc.) peuvent également déployer une gouvernance partagée. La Direction du Développement Durable peut aussi rejoindre le Comité Risques ou le Conseil de Surveillance.

Des outils sont déployés en parallèle. Ils permettent un accompagnement et une accélération de la transition. Le « Global Real Estate Sustainability Benchmark » (GRESB) a ainsi élaboré un nouveau module « Resilience ». Il a pour objectif de faciliter la capacité d’évaluation des facteurs de stress environnementaux et sociaux des organisations.

De son côté, Green Soluce a développé un outil spécifique au secteur de l’immobilier pour l’analyse et la gestion du risque climat des parcs immobiliers.

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