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La qualité de l’air intérieur

L’AIR ET SA QUALITÉ

Nous passons près de 90% de notre temps dans des espaces clos, en particulier, bureaux et logements. La qualité de l’air influe sur la concentration, le bien-être et la santé des usagers des bâtiments. C’est devenue une préoccupation pour les utilisateurs-citoyens, une question sanitaire et économique pour les pouvoirs publics mais aussi un critère incontournable des acteurs de l’immobilier et de la ville.

La pollution de l’air extérieur alimente celle de l’intérieur et vice-versa mais l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur, selon l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI – 2016).

LES SOURCES DES POLLUANTS EN INTÉRIEUR

Les sources des polluants en intérieur sont multiples :

  • les caractéristiques du bâtiment :
    • matériaux de construction ou de décoration contenant des matériaux chimiques pouvant émettre des COV (composés organiques volatils, tels que le formaldéhyde et le benzène), isolation, étanchéité, humidité du bâtiment, ventilation inadaptée
  • les activités et habitudes des occupants :
    • cuisine, produits ménagers, cosmétiques, parfums et bougies, tabagisme, présence d’animaux
  • le type de chauffage et de climatisation peu performants, la précarité énergétique.

Les acteurs de la construction durable, poussés par un contexte réglementaire, proposent de plus en plus des matériaux avec labels, qui permettant de caractériser les émissions dans l’air des produits.

Depuis 2013, ils utilisent un étiquetage sur les contenants destinés à un usage intérieur. Le secteur a perfectionné aussi les systèmes de ventilation, de centrales de traitement d’air (CTA) et de filtres à charbon actif pour capturer les composants nocifs et particules fines.

LES CERTIFICATIONS ET LES LABELS ENVIRONNEMENTAUX

Les certifications et les labels environnementaux sont des vecteurs d’amélioration de la qualité de l’air des bâtiments. Le marché de la certification environnementale en Europe ne cesse de progresser, surtout pour l’immobilier tertiaire.

Dans le Baromètre de la Certification Environnementale™2019 édité par Green Soluce, il est mentionné que près de 5000 certifications HQE, LEED, DGNB et BREEAM ont été délivrées en 2018 pour des bâtiments en neuf, rénovation et en exploitation. De plus, les certifications environnementales et de bien-être intègrent les critères de qualité de l’air intérieur et mesurent les COV (Composés Organiques Volatiles) entre la fin de la construction et le début de l’occupation des lieux.

LES SOLUTIONS INNOVANTES ET INSPIRANTES

Des grands groupes, des PME et des start-ups proposent des solutions innovantes et inspirantes.

Un procédé de filtration

Air Liquide, par l’intermédiaire de son laboratoire d’innovation, a imaginé une solution pilote pour les immeubles tertiaires, nommée UMPAI (Unité Modulaire de Purification Air Intérieur). Elle traite de manière globale l’air ventilé au sein d’un bâtiment afin de réduire la concentration en CO₂ et les polluants de l’atmosphère intérieure.

De plus, ce procédé de filtration s’inspire de la technique d’adsorption, qui permet, via un matériau solide, de capturer les molécules de gaz (COV ou Composés Organiques Volatiles) sans les transformer. Le système n’est pas encore commercialisé. Il est en phase de développement et installé dans un bâtiment de l’entreprise dans le Rhône.

La solution végétale provient de l’entreprise MVAW (Micro-organisms and Vegetal At Work). Placé dans les espaces intérieurs des bâtiments, le dispositif de la taille d’un meuble est recouvert d’un tapis végétal. Il abrite un biofiltre constitué de plusieurs couches de substrats végétaux et minéraux.

Le milieu est alors propice au développement de micro-organismes, qui piègent les particules fines et dégradent certains polluants gazeux. Branché sur l’électricité et l’eau, le module n’a pas de bac à vider, ni de filtre à changer.

La domotique

Enfin, la domotique apporte des initiatives au traitement de l’air intérieur. Elle permet de mesurer les composants de l’air selon différents paramètres, de traiter ces données et de les rendre accessibles aux utilisateurs de bâtiments résidentiels et tertiaires.

Par exemple, l’entreprise NanoSense conçoit et produit des sondes de qualité de l’air à plusieurs capteurs. En effet, en collaboration avec PandO₂, ils ont développé une application pour superviser et restituer en temps réel des mesures effectuées par des capteurs de qualité de l’air intérieur. Ces données sont accessibles aux usagers via une interface. Ils peuvent ensuite piloter les différents appareils pour une meilleure qualité de l’air.

Décelant l’importance de la qualité de l’air pour un bâtiment et la valeur d’usage de l’actif immobilier, des promoteurs et foncières développent actuellement dans leur politique de développement durable des projets innovants tournés dans ce sens.

Source : https://www.greensoluce.com/la-qualite-de-lair-interieur-critere-incontournable-du-batiment-durable/