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La flexibilité énergétique

LA FLEXIBILITÉ ÉNERGÉTIQUE, C’EST QUOI ?

Le bâtiment tertiaire et la flexibilité énergétique

Le monde du bâtiment est actuellement en pleine effervescence, bousculé dans ses traditions et habitudes par le coût de l’énergie qui ne cesse de grimper. Que ce soit le gaz ou l’électricité, les énergies qui alimentent nos bâtiments subissent de plein fouet les variations du prix du pétrole ainsi que les annonces politiques soumises aux aléas climatiques et à la volatilité des opinions publiques sur le sujet.

Il en résulte des décisions prises à la hâte ayant un caractère programmatique et qui semblent difficiles à concilier sur le court terme. Le monde du bâtiment essaie de s’adapter aussi vite que possible et nombre d’expérimentations sont lancées de part et d’autre.

L’une d’elle à l’initiative du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) se nomme flexibilité énergétique du bâtiment. Cette réflexion qui vise à économiser de l’Energie en adaptant la consommation électrique des bâtiments à la production nationale, commence à trouver une forme de réponse concrète de la part des constructeurs et des équipementiers du bâtiment.

RTE (Réseau de Transport d’Électricité) ou la vision de la consommation électrique future en France

Dans ses études prospectives sur la production et la consommation électrique, RTE s’appuie sur une certitude que la consommation électrique en France va baisser dans les années à venir. Pour RTE, les politiques de moindre consommation mises en place par l’ensemble des acteurs du marché, comme la généralisation de l’ampoule LED par exemple, vont produire leurs effets dans un très court terme et la consommation va inexorablement baisser.

De cette certitude, RTE a tiré des scénarios de production avec quelques variantes d’hypothèses mais en prenant comme acquise la fermeture de centrales nucléaires d’ici 2035. La question n’est plus de savoir s’il faut fermer des centrales mais plutôt de savoir combien et sous quel délai !

Le scénario Ampère

Le scénario Ampère prévoit que la capacité de production électrique des EnR (énergies renouvelables) sera de 50% alors que le scénario Volt, plus raisonnable estime la capacité des EnR à 40%. Si la part thermique de la production d’électricité se réduit, elle ne sera pas nulle non plus. L’énergie nucléaire sera la grande perdante de l’évolution programmée de notre capacité électrique.

Dans ce contexte, il devient intéressant pour les fournisseurs d’énergie de se poser la question de la consommation d’énergie électrique. Si la production faiblit, il faut réguler la consommation pour éviter que le réseau ne s’effondre lors des pics de consommation.

UN ESPOIR POUR L’AVENIR ?

Le bâtiment tertiaire et la flexibilité énergétique

L’effacement

La réponse à la complexité de l’adaptation de la consommation à la production s’appelle l’effacement. Pendant un laps de temps plus ou moins long, chaque consommateur est « invité » à limiter tout ou partie de sa consommation afin de soulager le réseau.

L’effacement prend aussi le nom de flexibilité énergétique du bâtiment quand il s’agit de produire pour soi-même ou pour le quartier une partie de son énergie.

Sur sollicitation du fournisseur d’énergie qui est maintenant distinct du producteur, le tarif appliqué à l’énergie fournie au bâtiment pourra être modulé (signal prix) et/ou une requête d’effacement sera lancée : il sera encore possible de décliner ou d’accepter la durée d’effacement. Cette durée d’effacement pourra être primée par le fournisseur selon le contrat de fourniture.

Le préavis d’effacement pourra être typiquement de 30 minutes, 1h, 24 ou 48 heures selon le degré de performance du bâtiment et de sa réactivité.

Bien connaître ses bâtiments

Pour pouvoir réagir au signal prix ou aux requêtes d’effacement des fournisseurs, le gestionnaire de bâtiment tertiaire devra très bien connaître son bâtiment et savoir comment il réagit en fonction du nombre de personnes s’y trouvant, les conditions météorologiques, température et vent, sa rapidité de montée en température et son inertie.

Autrement dit, le gestionnaire devra avoir à sa disposition un logiciel de simulation dans lequel la modélisation du bâtiment sera complète lui permettant de prédire de façon fiable la réaction du bâtiment aux aléas climatiques, sa capacité à fournir de l’énergie s’il est équipé de production EnR (panneaux photovoltaïques, éolienne…), juger de sa capacité d’effacement notamment grâce à son inertie.

L’indice GOFLEX

L’ensemble de ces critères sera compilé dans un indice nommé GOFLEX qui caractérisera la capacité du bâtiment à communiquer avec son environnement en termes de pilotage et de préavis d’un effacement, la puissance effaçable en été et en hiver.

Le tertiaire : une bonne ressource

Le bâtiment tertiaire a un potentiel important d’effacement car sa consommation est principalement thermique. Les besoins en chauffage, ventilation et climatisation représentent environ 45% de ses besoins énergétiques. L’inertie du bâti représente un formidable levier de régulation des consommations surtout si l’on peut aussi gérer les apports thermiques naturels qui sont pour le moment plutôt subis que capter.

Par ailleurs, si l’on ajoute à ces caractéristiques internes du bâti une capacité de production d’énergie et une gestion technique fine de l’ensemble, on obtient un bâtiment communiquant s’intégrant parfaitement dans un environnement certes rendu complexe mais devenu plus vertueux en termes d’énergie(s) et capable dans les moments d’inactivité (week-end et jours fériés) de fournir de l’énergie aux bâtiments d’habitations environnants qui eux auront besoin d’énergie.

La flexibilité énergétique du bâtiment c’est consommer moins et mieux

Par exemple, consommer moins par la mise en place des outils de gestion des consommations, par l’acceptation des périodes d’effacement.

Mais aussi, consommer mieux par la gestion des apports naturels, l’utilisation de l’inertie du bâtiment, par la production d’énergie propre et la participation de chacun à la limitation des productions thermiques et nucléaires.

Source : http://extranet.ucanss.fr/contenu/public/EspaceExpertiseImmobiliere/pdf/publications/actualites_opim/2019/190701_ACTUALITES_OPIM_NUMERO_4_JUILLET_2019%20.pdf