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Jeux olympiques : la nécessité de construire un héritage infrastructurel responsable pour les villes hôtes

Pour les villes hôtes, organiser l’événement sportif le plus attendu au monde signifie accueillir des centaines de milliers de visiteurs et environ 10 000 athlètes en seulement un mois. Cet afflux de personnes sur une courte période nécessite une adaptation rapide des zones urbaines et des infrastructures qui accueilleront les Jeux.


Une autre préoccupation concerne l’importance de planifier la régénération urbaine permise par les Jeux Olympiques avec une vision à long terme. Cette orientation à long terme, si elle est déterminée dès la phase de planification des jeux, peut offrir divers avantages aux différents acteurs concernés.


Que faut-il prendre en considération pour construire un héritage infrastructurel responsable pour les villes hôtes et assurer une vision à long terme en cohérence avec les engagements pris en matière de développement durable ?

Sur la base d’exemples d’éditions passées, cet article explore les questions clés liées à une planification efficace et durable des infrastructures.

Réduction des coûts de construction

La construction d’infrastructures entièrement nouvelles représente souvent les coûts les plus importants. Par exemple, le stade olympique de Londres qui a accueilli les cérémonies d’ouverture et de clôture et les compétitions d’athlétisme en 2012 a coûté 767 millions de dollars, ce qui en fait le stade le plus cher construit pour les Jeux olympiques jusqu’en 2012.
En ce qui concerne une meilleure efficacité, l’adaptation d’infrastructures déjà existantes peut être envisagée pour réduire considérablement les coûts de construction et l’impact environnemental. Pour accueillir plus de spectateurs que d’ordinaire, des rangées de sièges peuvent être ajoutées dans les stades au lieu d’en construire de nouveaux. Déjà en 1984, la ville de Los Angeles a économisé une énorme quantité d’argent grâce à la réutilisation d’une grande partie des infrastructures nécessaires à l’accueil des Jeux olympiques.

Réduction des coûts d’entretien

Un autre problème important lié à la construction d’énormes infrastructures capables d’accueillir des dizaines de milliers de spectateurs uniquement pour les Jeux olympiques est leur difficulté à être utilisées pour d’autres événements. En effet, ce type de stades est énergivore et nécessite un entretien fréquent et coûteux. À titre d’exemple, après l’édition 2016 de Rio, le fournisseur d’électricité s’est trouvé dans l’obligation de devoir couper le courant du Maracanã en raison d’une facture impayée. De plus, le vélodrome de Montréal, construit pour les Jeux olympiques de 1976, a finalement été fermé en raison de ses coûts d’entretien trop élevés par rapport à sa fréquentation pour d’autres compétitions.
Grâce à une planification efficace à long terme et à l’utilisation d’une architecture temporaire et réversible, ces problèmes peuvent être évités. Le stade olympique de Londres a vu ses places réduites de 80000 à 60000 places et accueille désormais des compétitions de football et de rugby, ainsi que des concerts. La réversibilité du stade a été initialement prévue par l’organisation grâce à une conception révolutionnaire de l’infrastructure, ce qui a permis d’offrir aux habitants un héritage infrastructurel efficace.

Réduction des nuisances environnementales

La prise en compte de l’environnement et de l‘impact écologique des jeux a souvent été l’enjeu oublié de la planification des Jeux olympiques. Plusieurs éditions précédentes ont négligé l’environnement au détriment de la biodiversité. En plus d’être l’édition des Jeux olympiques d’hiver la plus chère jusqu’en 2014, les Jeux de Sotchi ont notamment nécessité la destruction de forêts entières pour la construction de routes et d’infrastructures.
Ce genre de pratique ne sera plus accepté par le Comité international olympique (CIO) puisqu’en 2017, un premier plan de durabilité a été publié pour encadrer les prochains JO. Parmi les différentes attentes de ce plan, les villes hôtes et les comités d’organisation doivent désormais contribuer aux ODD et plus précisément liés à l’environnement pour prévenir le changement climatique, assurer une gestion efficace et durable des ressources et protéger la nature et la biodiversité. Tokyo 2021 a donc la volonté d’honorer ces attentes et d’organiser les « premiers Jeux Olympiques des ODD« .
Les comités d’organisation des prochains Jeux olympiques, comme celui de Paris, prévoient déjà dans leur phase de planification d’accorder plus d’importance aux questions environnementales et de réduire l’empreinte carbone de l’événement.

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